Conditions, Contre-Indications et Prérequis à la Plongée Sous-Marine

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Avant de démarrer la plongée sous-marine, il faut répondre à certains critères physiques et mentaux, pour vous assurer que votre expérience du monde sous-marin se réalise dans un niveau de confort optimal.

Pour cela, nous allons traiter des conditions pour démarrer la plongée sous-marine, les contre-indications à ce sport qu’il faut connaitre et les prérequis. En bonus, nous évoquerons l’aspect du certificat médical car si d‘aventure vous venait l’idée d’outrepasser les recommandations médicales, il n’est pas inintéressant d’en connaitre les conséquences.

Conditions pour démarrer la plongée sous-marine

Avoir plus de 12 ans

l’âge minimum pour plonger est de 12 ans. Pour autant, par principe de précaution, il serait plus recommandable de commencer la plongée sous-marine à partir de 16 ans, pour les raisons invoquées dans cet article.

Ne pas être enceinte

Il n’existe pas d’étude au sujet des effets de la décompression sur les fœtus, vu qu’il faudrait mettre en danger l’enfant pour étudier le phénomène. En revanche, il est communément admis que la plongée sous-marine au moment où la grossesse est connue de la plongeuse, lui soit proscrite.

En revanche, physiologiquement, le fœtus se développe dans le placenta de la mère, qui joue le rôle de « transfuseur » sanguin.  Il faut donc comprendre qu’un déséquilibre des échanges gazeux, sanguin ou électrolytique de la mère pendant une plongée sous-marine se répercute directement sur le fœtus, qui pourra lui aussi être sujet à un accident de décompression. 

Pré-requis avant d’apprendre la plongée sous-marine

Savoir nager pour secourir son binôme et réduire le risque de noyade

Faut-il savoir nager pour faire de la plongée sous-marine ? Savoir nager est un pre-requis pour obtenir sa certification de plongeur autonome. Au cours de la formation de plongée, certains exercices de nage lui seront demandé, pour valider sa capacité à secourir quelqu’un, ou bien à nager plusieurs minutes en surface, si cela devait s’avérer nécessaire.

Il est néanmoins tout à fait possible pour des personnes en état de handicap, de réaliser une plongée, tant que celles-ci sont accompagnées par des professionnels dument formés.

Savoir lire et écrire pour comprendre et prévenir les risques de la plongée

La plongée sous-marine nécessite d’étudier et d’apprendre certaines théories physiques relatives à l’environnement hyperbare auquel sont soumis les plongeurs. Savoir lire et écrire est donc un pre-requis à la certification.

Contre-indications à la plongée sous-marine

Les contre-indications médicales données ici sont indicatives et non exhaustives. Ce sont les contre-indications généralement observées sur les certificats médicaux de non contre-indications à la pratique de la plongée sous-marine.

Il faut donc comprendre que seul un médecin certifié est en mesure de juger votre aptitude à la plongée sous-marine. La liste donnée ci-dessous vous permet de balayer les éléments qui pourraient proscrire votre aptitude à plonger et vous donner matière à discussion avec votre médecin, avant votre visite médicale.

Conseils santé avant de commencer la plongée sous-marine

La plongée sous-marine, en dehors des contre-indications définitives listées plus haut, est un sport accessible à tous.

Cependant, pour les raisons physiologiques imposées par la pression exercée sur le corps humain pendant un immersion, il faut être conscient que certains éléments, peuvent favoriser l’apparition d’un accident de décompression ou d’un barotraumatisme de l’oreille.

Le risque d’accident est très faible, mais intéressant à connaitre pour adopter un profil de plongée plus conservateur.

Les facteurs favorisant les accidents de décompression, sont les suivants :

  • Fumer : les poumons et le cœur sont moins efficaces dans les échanges gazeux et donc éliminent moins bien les gaz inertes ou toxiques qu’un plongeur non-fumeur
  • Surpoids : les tissus adipeux ont tendance à accumuler plus facilement les gaz inertes et donc à favoriser l’apparition d’un accident de décompression
  • Forme physique : une bonne forme physique, prévient les accidents cardio-vasculaires et améliorent l’élimination de l’Azote par le corps. Les bénéfices sont nombreux, même en dehors de la pratique de la plongée sous-marine.  

Les facteurs favorisant les barotraumatismes de l’oreille :

  • Trompe d’Eustache : les trompes d’eustache sont des canaux de 3mm environ de diamètre qui relient les oreilles avec le nez. Ces canaux peuvent être plus ou moins droits, ce qui va influencer votre capacité à égaliser les oreilles. Si, lorsque vous faites un plongeon dans une piscine, pour avez une douleur très importante dans l’oreille, il est possible que vous ayez des trompes d’eustache anguleuses, qui rend difficile voire impossible l’égalisation de vos oreilles. Pour vérifier votre capacité à égaliser les oreilles, il est recommandé de vous rendre chez un médecin de la plongée ou chez un ORL pour mesurer le fonctionnement de vos trompes d’Eustache.

Certificat médical et plongée sous-marine

Ai-je besoin Certificat médical pour pratiquer la plongée sous-marine ?

Le certificat médical est obligatoire seulement dans quelques pays dans le monde, dont la France. De manière générale, à l’étranger, il ne vous est demandé que la signature d’un questionnaire déclaratif de non contre-indications à la plongée sous-marine.

Ma recommandation est de faire un bilan de santé auprès d’un spécialiste de la plongée sous-marine une fois par an, même si vous comptez plonger dans un pays où cela n’est pas obligatoire.

Etudier l’état de vos oreilles, réaliser un électrocardiogramme, et faire un bilan un peu plus poussé qu’à l’accoutumée est une bonne pratique.

Elle aura la vertu de non seulement vous rassurer sur votre état de santé mais vous pourrez aussi le faire valoir auprès des assurances si d’aventure un incident devait vous arriver. Un questionnaire déclaratif sans l’appui d’un avis médical peut facilement être contesté par une assurance de plongée.

A noter : n’hésitez pas à demander à votre médecin une version française et anglaise du certificat médical.

Quels sont les risques si je mens sur le questionnaire médical ou bien si je fabrique un faux certificat ?

Le risque de mentir ou de forger un faux certificat médical est grand.

Forger un faux certificat médical est un délit appelé « faux et usage de faux » au regard de la loi française :  article 441-1 du Code pénal. Ce délit est sanctionné par une peine de prison  pouvant aller jusqu’à 3 ans et de 45 000 euros d’amende

Mentir sur un formulaire déclaratif de non contre-indications à la plongée sous-marine ou plonger sans certificat médical dans un pays où cela est obligatoire, vous expose à un grand risque financier.

L’assurance plongée ne fonctionnera pas si vous deviez avoir un accident de plongée et cela ne sera pas sans conséquence financière pour vous.

Evidemment, vous serez pris en charge par les services de l’assurance pendant le parcours de soin. Cependant, en l’absence des documents réglementaires, l’assurance se retournera contre vous et vous demandera le remboursement total des frais engagés. Les frais de rapatriement, chambre hyperbare, opérations etc. peuvent aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros dans certains pays.

Si vous prenez la décision de plonger en dépit de cet avertissement, soyez prêt à cette éventualité.

Les questions de santé souvent posées avant de commencer la plongée sous-marine

1) Plongée sous-marine et Asthme 

Est-ce que être asthmatique est une contre-indication à la plongée ?

Pratiquer la plongée pour les asthmatiques est un sujet controversé. Par le passé, l’asthme était une contre-indication définitive à la plongée. Avec les avancées actuelles, l’avis médical s’est assoupli sur la question. Dans certaines conditions, des personnes asthmatiques peuvent être autorisées à plonger.

Avant de savoir si vous pouvez plonger, vous devrez vous faire examiner par un médecin. Il devra établir, étudier ou évaluer :

  • Le type et la gravité de l’asthme,
  • La fréquence des crises,
  • Les médicaments prescrits,
  • Les antécédents de crises d’asthme pour identifier avec précision les éléments déclencheurs.  

Avoir une crise d’Asthme sous l’eau peut avoir des conséquences très sérieuses pour le plongeur. Le médecin doit évaluer la probabilité de subir une crise dans un milieu sous-marin.

Conseil côté certificat médical pour les asthmatiques

Seul un médecin fédéral FFESSM ou spécialiste hyperbare pourra légalement statuer sur votre aptitude à plonger. Par conséquent, faites établir un certificat médical où il est clairement noté que votre asthme diagnostiqué, ne présente pas une contre-indication à la plongée sous-marine. Il est important de donner l’argumentaire sur lequel s’est reposé votre médecin pour décider. De cette façon, dans un scénario pessimiste d’accident, vous êtes en mesure de prouver par écrit et de manière très explicite, que vous pouvez pratiquer ce sport sur avis du médecin et qu’en conséquence, vous êtes pleinement éligible à la couverture d’assurance.

Certificat en anglais : pensez-y !

Qu’est-ce que l’asthme et pourquoi est-ce dangereux ou risqué en plongée  ?

L’asthme est une maladie qui provoque un rétrécissement des voies respiratoires en réponse à des stimuli spécifiques. Les crises d’asthme sont souvent déclenchées par des allergènes, le froid, un exercice physique intense ou du stress.  

L’asthme touche 4 millions de personnes en France, soit 6% de la population, ce qui en fait une maladie courante. Elle se déclare aussi bien à l’enfance qu’à l’âge adulte, et peut disparaitre spontanément.

Les voies respiratoires d’une personne asthmatiques se contractent lors d’une crise. Cela signifie que le débit d’air entrant et sortant est réduit de manière significative. Pour pouvoir respirer convenablement, la personne devra forcer sa respiration, ce qui enclenchera un effort respiratoire important.

Risques d’une crise d’asthme pendant la plongée

En plongée sous-marine, à cause de la pression exercée par la profondeur, l’effort respiratoire est plus importante qu’à la surface, même pour les plongeurs non-asthmatiques. L’air se densifie (car la pression augmente) à mesure que le plongeur descend. En cas de crise d’asthme, le plongeur devra accumuler les deux efforts respiratoires (profondeur + voies respiratoires contractées), présentant un risque de déficit respiratoire en plus d’un risque important de panique.

Risques d’une crise d’asthme à la remontée 

A la remontée, l’air contenu dans les cavités aériennes du corps (ex : sinus & poumons) se dilate en réponse à la diminution de la pression de l’eau. L’expansion de l’air n’est pas un problème pour les plongeurs qui peuvent inspirer et expirer sans difficulté.

En revanche, pour un plongeur asthmatique qui subirait une crise sous l’eau, cela peut devenir un problème sérieux.

Les échanges respiratoires d’un asthmatique sont réduits pendant une crise. Par conséquent, le plongeur pourrait remonter sans arriver à chasser l’air sous pression de ses poumons. Dans cette éventualité, le risque d’accident de décompression et de surpression pulmonaire augmente de manière significative.

Le soucis rencontré est donc triple en cas de crise, d‘autant que l’utilisation d’une ventoline ou d’un inhalateur sous l’eau n’est pas possible. Difficulté importante de respirer en profondeur = crise de panique = remontée incontrôlée vers la surface = risque de surpression pulmonaire et ADD.

Evaluer les facteurs de déclenchement des crises

L’asthme déclenché par le stress, l’activité physique ou le froid sont des contre-indications définitives à la plongée sous-marine. Tous les plongeurs sont sujets au froid et au stress (même minime) à un moment au cours de la pratique de ce sport.  Dans cette configuration, il est préférable de ne pas tenter l’aventure.

L’asthme déclenché par des allergènes n’est pas nécessairement une contre-indication à la plongée, mais il faudra être très vigilant et ne pas être en contact avec des allergènes avant une plongée.

Les traitements médicamenteux pour les asthmatiques doivent être validés par un médecin compétent. Certains médicaments sont incompatibles avec la plongée, alors que d’autres pourraient au contraire aider à maitriser le risque de crise, rendant la plongée possible.

2) Plongée sous-marine et Diabète 

Est-ce que être diabétique est une contre-indication à la plongée ?

Etre diabétique n’est pas nécessairement une contre-indication définitive à la plongée sous-marine, à la condition de suivre les règles établies par les organismes de plongée.

Un site internet complet et très bien écrit, relate tout ce que vous devez savoir sur la compatibilité du diabète avec la plongée sous-marine : les consignes à suivre avant, pendant et après la plongée, les certificats médicaux nécessaires etc.

Voici : https://www.diabeteplongee.fr/blank-w0wk4

Puis-je plonger pendant mes règles ?

Avoir ses règles pendant une plongée sous-marine n’est pas dangereux pour les femmes (avec ou sans requins dans la zone de plongée) à la condition de suivre quelques règles. En premier lieu, il conviendra de juger la nécessité de repousser une plongée le temps d’être en pleine possession de ses moyens, si les règles sont particulièrement douloureuses et créent un état de fatigue intense. En deuxième lieu, à titre de prévention, il est recommandé d’adopter des profils de plongée plus conservateurs. De récentes études montrent que le risque d’accident de décompression est plus élevé chez les plongeuses pendant leur règle.

Otite et plongée sous-marine

Une otite est une inflammation ou infection de l’oreille. Elle accompagne ou survient à la suite d’un rhume.

Est-ce conseillé de plonger avec une otite ?

Il n’est pas conseillé de plonger avec une otite externe même bénigne. Une otite persistante et infectieuse, aggravée par le milieu marin et sa flore microbienne), peut conduire à une rupture du tympan. Il est préférable de passer voir son médecin et suivre ses conseils avant de se décider à replonger.

De même, il ne faut pas prendre de médicament susceptible de couvrir la douleur si vous décidez de plonger, au risque de ne pas sentir la limite de rupture de votre tympan, si l’égalisation est difficile.

Astuce contre les otites en plongée

si vous partez en croisière plongée et vous craigniez pour vos oreilles ou êtes sujets aux otites. Deux astuces :

  • Demandez une prescription de médicament à votre médecin contre les otites externes. Cela vous permettra, a lecture des symptômes assez reconnaissables, de traiter vos oreilles jusqu’à amélioration des symptômes.
  • Mettez un peu d’huile d’amande dans le conduit auditif pour protéger le tympan et rincez vos oreilles à l’eau douce après chaque plongée. Aussi, NE FAITES JAMAIS DE LAVEMENT DE NEZ AVEC L’EAU DE L’OCEAN. L’eau de mer est très chargée en microbes. C’est l’autoroute vers les otites internes et aux sinusites.

Sinusite et Plongée sous-marine

Les sinus sont des cavités aériennes. Ce sont généralement les sinus frontaux (entre les yeux) et maxillaires (mâchoires supérieures) qui sont sujets aux accidents barotraumatiques.

Les sinus sont de minces canaux reliés aux fosses nasales. Dans le cas où ils sont bouchés ou obstrués, l’égalisation ne peut pas s’opérer correctement et cela engendre de vives douleurs aux endroits précités.

A titre préventif, il n’est absolument pas conseillé de plonger avec une sinusite, même sous médication, dont les effets pourraient disparaitre pendant la plongée.

Plonger après un accident de décompression (ADD), une suppression pulmonaire ou un barotraumatisme

Reprendre la plongée après un accident grave survenu pendant une plongée, doit obligatoirement se faire avec l’aval d’un médecin spécialisé.

La gravité des lésions subies peut accroître le risque d’un nouvel accident. Il est impératif de se faire examiner et prendre cette décision avec un avis expert dans le domaine.

Plonger après un AVC

Il existe des cas où des plongeurs ont pratiqué la plongée sous-marine, après un AVC. Cependant, cela doit se faire obligatoirement après avoir consulté un médecin hyperbare pour évaluer les causes et conséquences de l’AVC sur l’organisme.

En principe, le principe de précaution domine dans ce genre de cas. Cependant, si c’est un choix éclairé de votre part et celui d’un médecin spécialiste, il existe de cas de plongeurs relatant qu’ils avaient été autorisés à plonger.

Bronchite et Plongée Sous-marine

Peut-on faire de la plongée sous-marine avec une bronchite ?

Toutes les affections respiratoires accroissent le risque d’accident de décompression, d’essoufflement et de surpression pulmonaire. Par conséquent, il n’est pas recommandé de plonger durant une bronchite, même légère.
Les poumons servent aussi bien à alimenter le corps en oxygène, qu’à éliminer l’azote ou à expirer l’air contenu dans les poumons. Dans le cas où les bronches sont atteintes, le corps est affaibli et les échanges gazeux ne sont pas aussi efficaces.

Charlotte - Reef Addict

Dive Master, je me passionne pour le monde marin et ses richesses. Je me forme continuellement et me renseigne sur comment limiter et lutter contre l'impact de l'homme sur l'éco-système marin.

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